Réparation informatique
 

« Réparer les écrans plats pour éviter un gâchis humain et
écologique» - Source : LAE, A.E.P »

 
A l’ère du « tout jetable » et des filières de recyclage saturées, la politique de consommation maximale et les constructeurs voudraient nous faire croire à une disparition pure et simple de l’activité de réparation de l’ensemble des produits grand public High Tech en général et des téléviseurs à écrans plats en particulier. Selon la pensée dominante, remplacer des composants défaillant sur une carte électronique ne pourrait être effectué par l’ensemble des techniciens des SAV intégrés. Ceux-ci n’ayant ni le matériel, ni les compétences techniques nécessaires. Tout cela serait perte de temps et donc anti-économique. Cette idée est actuellement bien ancrée dans l’esprit de beaucoup de consommateurs, de revendeurs, de chef d’entreprises, de techniciens et d’ingénieurs. Mais qu’en est-il vraiment ?

Limiter l’empreinte carbone et pérenniser l'activité de magasins indépendants

Pratiquement 17,5 millions d’écrans plats ont été vendus en France depuis 2008, un record. Dans le même temps, avec la disparition annoncée du parc de téléviseurs à tube cathodique, les techniciens ne se voient plus pouvoir intervenir sur l’appareil car cela nécessite des compétences et un équipement dont ils ne disposent plus. Les constructeurs confient donc leur gestion de SAV à de grands centres de réparations spécialisées, des « maintenanciers industriels ». Mais cela est loin d’être la panacée…

L’aspect logistique via des « Hot Line » connaît des disfonctionnements. La plupart des revendeurs constatent également que, souvent, les intervenants manquent de qualifications sur ce type de matériel. Un exemple : le changement de cartes électroniques. Très souvent, les règles des décharges électrostatiques ne sont pas respectées. Résultat : la destruction de composants apportant le non fonctionnement ou des pannes aléatoires au sein de l’appareil. Nombre de dalles estampillées « défectueuses » sont revenues dans nos ateliers avec un forfait (devis de non réparation) alors que nous avons pu les réparer pour un prix raisonnable.

Dans les années à venir, le parc grandissant et vieillissant, de plus en plus de téléviseurs à écrans plats tomberont en panne. Faudra-t-il tous les jeter ou les enterrer comme sur l’Ile de La Réunion, alors qu’on sait qu’ils contiennent du mercure ?

Nous savons aussi que les ressources de la planète seront de plus en plus rares. Alors que la « conscience verte » gagne des adeptes chaque jour, les consommateurs supporteront de moins en moins que l’on ne puisse plus dépanner les appareils qui tombent en panne.

Sans SAV nos entreprises disparaîtront…

Rappelons-nous des frères Darty, qui dès la création de leur premier magasin communiquaient sur le SAV. Combien de revendeurs indépendants ont pu assurer leur notoriété, leur image de marque garante de leur pérennité, par la qualité de leur SAV ?

Regardons ce qui c’est passé chez les hypermarchés. Ils ont centralisé le SAV avant de s’en retirer. Résultat : aujourd’hui, ils n’ont plus de légitimité sur les produits techniques.

A titre d’exemple sur Dijon et son agglomération dans les années 70 le nombre de réparateurs indépendants était de 160. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux vraiment spécialisés dans ce secteur à continuer cette profession.

Il est évident que si nous ne faisons rien pour sauver notre activité, celle-ci viendra grandir le cercle des professions disparues et entrera dans les annales de l’histoire de l’Artisanat.

Dans un monde égoïste, individualiste, dont on voit bien où les travers nous mènent, il serait temps de revenir aux valeurs de professionnalisme et non à une économie purement spéculative…

« Dépanner la carte électronique est possible »


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